L’écologie digitale, ça vous parle ? Probablement pas, et c’est normal : dans le merveilleux monde d’internet, on parle de ‘’nuage’’, de dématérialisation, on ''surfe'' et la disparition des objets (DVD, CD, livres) au profit de leur version en ligne pourrait presque faire croire que tout cela n’a aucun impact sur la planète. Raté : le numérique émet 3,8% des gaz à effet de serre du monde, soit plus que le transport aérien civil. Bonne nouvelle toutefois : comme nous, particuliers, sommes responsables de plus de 50% de cette pollution, nous sommes aussi la solution.
#1 Je nettoie ma boîte-mail
Ces milliers de mails qui dorment tranquillement dans votre boîte mail ne font de mal à personne ? Pas vraiment, puisqu’ils consomment de l’électricité via leur transit dans les data centers - chacun de nos e-mails parcourt en moyenne 15 000 kilomètres. Selon l’Ademe, un mail stocké dans une boîte mail représente 10 grammes de CO2, soit le bilan carbone d’un sac plastique. Une paille ? Avec 293 milliards de mails envoyés par jour en 2019, malheureusement non.
Pour vous faire gagner du temps, optez pour Cleanfox : ce petit logiciel gratuit analyse votre boîte mail, détecte les contenus inutiles et vous désabonne des newsletters jamais lues. Et revenez au plaisir d’écrire et de recevoir un seul long mail plutôt qu’une dizaine de quelques mots.
#2 Je ferme mes onglets
Autre action peu contraignante : limiter l’ouverture d’onglets. Chaque page ouverte, même non consultée, consomme de l’énergie, puisque la plupart des sites envoient des informations en continu et se réactualisent fréquemment. Surtout les réseaux sociaux, que l'on adore laisser ouverts, ‘’au cas où’’.
#3 Je limite les recherches Google inutiles.
(D'ailleurs je limite Google tout court)

Le moteur de recherche Ecosia a déjà planté 88 millions d'arbres grâce aux recherches effectuées par les internautes.
Eh oui : chaque requête Google émet, en moyenne, 7 grammes de CO2. Donc on se limite et on enregistre ses sites les plus consultés dans ses favoris, ce qui permet de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d'après l'Ademe. Et puis, quitte à questionner internet, autant le faire de manière durable, donc on remplace Google par :
#4 Je réfrène mes envies de streaming
Selon un rapport sur la sobriété numérique, le streaming est l'une des pires activités en ligne d'un point de vue environnemental. Ainsi, le visionnage d'une vidéo en ligne de dix minutes disponible dans le cloud induit une consommation électrique équivalente à la consommation d'un smartphone sur dix jours. Pour vous donner un exemple, Netflix, qui occupe à lui-seul 13% de la bande passante internet, est alimenté à 30% par du charbon. Amazon Prime et HBO ne font pas mieux, malheureusement. Donc on se calme un peu sur les vidéos de chats et les séries, on prend un livre, on fait un jeu de société ou on sort prendre l'air. Bref, des activités bonnes pour soi et la planète.

#5 Je stocke mes fichiers en local plutôt que sur le cloud
Il est effectivement plus écolo de stocker ses données sur un disque dur interne que sur le cloud. Donc pour tout ce qui n'est pas vraiment important, comme les photos de la boom de vos 12 ans, on évite de mettre ça sur le cloud.
#6 Je limite le volume des pièces jointes que j'envoie
D'abord parce que les fichiers d'une tonne, c'est pénible à télécharger. Ensuite parce qu'il existe des outils comme We Transfer, qui permettent d'envoyer et stocker une pièce jointe pour une durée limitée.
#7 Je débranche la box
Allumés 24h/24, une box ADSL et le boîtier TV associé consomment en moyenne 200 kWh par an, soit la consommation électrique annuelle de sept ordinateurs portables 15 pouces utilisés huit heures par jour ! En éteignant sa box le soir, on peut facilement économiser 65 à 130 kWh, soit 8 à 16 euros et 650 à 1 300 litres d’eau. Ce n'est pas moi qui le dis, mais l'Ademe.
#8 Je m'informe
Parce qu'il ne faut pas croire n'importe qui, et parce que creuser un sujet c'est toujours mieux pour en discuter après avec ses potes, on se rue sur l'infographie ''Pollution numérique : du clic au déclic'', réalisée par l'Ademe avec l'incontournable Qu'est-ce qu'on fait ?.

On finira quand même cet épisode par une touche optimiste : les géants du numérique, comme Google et Apple, se sont engagés à atteindre le 100% d'énergie renouvelable pour leurs data centers. En attendant qu'ils tiennent leurs promesses, à nous d'avoir le déclic.
Sources :
- La face cachée du numérique, Guide pratique de l'Ademe
- Pollution numérique : du clic au délic, infographie de l'Ademe en partenariat avec QQF
- Oui, internet pollue, et voici comment surfer sans (trop) nuire à l'environnement, Neon Mag
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